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Mia Dolls : « j’ai toujours eu un profil très atypique et j’en ai fait un métier »

Atypique, tatouée et aux cheveux rouges, Mia Dolls est l’égérie du Bus Paradise. Mannequin, influenceuse et strip-teaseuse, son fort caractère couplé à sa timidité lui ont permis de devenir qui elle voulait être : une artiste.

Crédit vidéo : ©Clémence Bouquerod

Crédit musique : ©BusParadise

Quel est votre parcours professionnel ? 

J’ai commencé par faire mes études à l’étranger. Puis j’ai commencé le strip-tease à Miami. Maintenant, j’ai 28 ans, et cela fait 10 ans que je fais du mannequinat pour Playboy ou des magazines de tatouage. Le strip-tease représente 20% de ce que je fais. En fait, j’ai toujours eu un profil très atypique. J’ai vraiment cultivé ce côté-là, pour en faire un métier et vivre la vie d’artiste.

Quelle préparation est nécessaire pour une nuit en club ? 

Cela demande pas mal d’heures. Il faut aller chez le coiffeur, il faut faire du sport, … Il faut beaucoup de maquillage. Pour celles qui ont un déjà coup de crayon, c’est beaucoup plus rapide que pour les débutantes. Mais c’est vrai que cela demande d’être apprêtée. Tous les soirs, il faut être différente. 

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L’image est-elle importante ? 

On représente l’image du club, donc toutes les filles ont un rôle à jouer. C’est un travail d’équipe. Sans parler du physique. C’est un critère primordial. Pour moi, une vraie strip-teaseuse à un corps adéquat, est jolie, sait parler, sait se vendre. C’est un tout. 

Mia Dolls, lors d'un shooting improvisé après l'interview / ©Clémence Bouquerod

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Comment aborder les clients ? 

C’est porter un masque. On laisse tout ce qui est à la maison. Il faut avoir l’air heureuse. Il faut se vendre. C’est du commerce. Cela demande beaucoup de soi. Mais c’est encore un travail d’équipe.

 

Comment vous êtes payées ?

On a un minimum garanti par soir [ndlr : 100€] si on ne fait pas de show, et ensuite par ticket on garde 40% de la danse. 

 

Que pensez-vous de l’amalgame entre strip-teaseuse et prostituée ? 

Personnellement, plus je fais ce métier de la nuit, plus je suis quelqu’un de carré dans ma vie privée. Je suis toujours dans des longues relations, je suis mère de famille, j’ai déjà été mariée. Je ne bois pas d’alcool, je ne fume pas, je ne me drogue pas. Mais je peux comprendre l’amalgame. Il y a certains profils où ça peut déraper facilement. On n’a pas toutes le même caractère. Je connais beaucoup des filles très carrée dans ce métier-là, et on hérite de l’image des autres. Mais c’est aussi à nous, lorsque les clients arrivent avec des a priori ou des habitudes étrangères, de les recadrer, en leur expliquant qu’ici on est en France, que justement le luxe à la française c’est ça aussi. Même si parfois il y a des questions déplacées. 

 

Est-ce que c’est une force d’être strip-teaseuse ? 

Je suis quelqu’un de très timide à la base. Pour moi c’est plus théâtral. Je n’irai pas jusqu’à parler de force, mais les clients rentrent sur notre terrain de jeu et on peut clairement leur dire non. Je ne suis pas du tout féministe (je n’aime pas ce mot), mais je pense que si on l’utilise à bon escient, ce métier peut embellir la cause féminine. 

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